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 Journal d'Amber / Calvaire et survie

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Amber B. Herihor

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Nombre de messages : 22
Date d'inscription : 28/06/2008

MessageSujet: Journal d'Amber / Calvaire et survie   Juillet 1st 2008, 05:38

Journal Intime d'Amber

  • 1mois apres l'enlevement

    Je ne sais plus quelle heure il est, je n'ai plus la moindre notion du temps mais tout ce que je peux trouver a faire sur l'instant c'est ecrire pour ne pas devenir folle, pour ne pas tomber dans une profonde depression et pour tenter de survivre. Cela fait deja plus d'un mois que je suis ici, dans ce "cabaret" qui n'est en fait rien de plus qu'un bordel et je ne parviens pas encore a tout dire, a tout comprendre mais je saisis au moins que ma vie n'a rien d'agreable, bien au contraire.
    J'ai le temps d'ecrire dans cette chambre commune qui ressemble bien plus a une cellule, j'ai le temps de coucher quelques mots plutot que de me coucher cette fois, profitons en.

    Mon premier jour fut atroce, il me coupa de toute vie, de la realite en m'enfermant et en me transformant des lors en veritable objet sexuel. Je suis la nouvelle chose du grand patron, la petite nouvelle a la peau si belle, si douce... Je ne comprends pas vraiment mes camarades, j'ai pu saisir que certaines viennent des Philipinnes, d'autres d'Afrique du Nord, certaines sont Russes mais nous sommes toutes brisees et tout cela est au dessus de nos forces. Il m'est impossible de decrire nos conditions actuelles, chacune d'entre nous possede a peine un coin pour dormir, entouree par la crasse. Certaines sont malades, les entendre tousser a longueur de journee, les voir deperir rendent folles d'autres filles, les plus faibles partent en premier, c'est ce que j'ai pu comprendre venant d'un garde qui ne cessait de le repetter en Russe. J'aimerai mourir moi aussi, me detacher de ce malheur mais quelque chose me retient, l'espoir de liberte certainement. Vie de malheur... Je ne veux plus de tout ca, je ne veux plus etre souillee, observee, desiree de cette facon jours apres jours, je suis une enfant encore bon sang! Je n'ai pas encore 15ans, certaines en ont 11 ou 12, j'apprecie de jouer un peu la mere pour elles, cela me reconfortent. Nous nous exprimons grace a nos mains en vue du clivage qui nous oppose, nous nous soutenons, je tente parfois de leur donner un peu des supplements qui me reviennent grace a mon "avantage" face au patron. Oh il ne faut pas vous leurer, on ne se prostitue pas pour de l'argent ici, on le fait pour esperer manger, parce que vivre, cela nous est a peu pres assure, mais les conditions de survie si nous ne sommes pas productives ne sont pas avantageuses.

    Le Russe je ne le comprends toujours pas, mais certaines phrases deviennent un peu plus clair, je commence a tenter d'articuler un peu tout ca et cela fait beaucoup rire nos "gardes du corps" qui se prennent parfois de pitie pour moi, peut-etre cela pourra-t-il me servir a l'avenir, je l'espere, je suis peut etre trop optimiste. Quelle vie miserable, j'en aurai tant a dire mais je ne peux plus, je l'ai vu le regard de ce vieil homme de 55ans, il m'a fixe et choisit, c'est encore mon tour et bien sur, il ne m'est pas permit de contester.

  • 2ans apres l'enlevement

    2ans que je suis ici, des annees qui me paraissent une eternite et il n'y a pas a dire: j'ai grandi pour le coup, je n'ai plus le moindre tabou a cause de ces hommes sordides mais le plus gros soucis ne reside pas la. Je suis tombee malade il y a peu, fatigue, maladies diverses, bref, et le patron s'est prit d'un peu trop de gentillesse, tant et si bien que je me suis retrouvee dans une chambre qui restera desormais la mienne, oh je n'ai pas a me plaindre, elle est superbe, tres agreable, entretenue cette fois et j'y suis seule mais il continue a venir me voir. Cela fait un mois qu'il ne me laisse plus frequenter d'autres hommes, tant mieux, mais le fait de ne voir que lui, lui le seul a posseder les clefs de cette chambre, venir me voir jour et nuit m'inquiete et me serre le coeur. Il est bel homme, pourquoi eprouve-t-il donc un tel besoin de me detruire quand je le suis deja? Apres tout, il connait certainement tant de femmes pretes a tout pour lui, mais il s'acharne, encore et toujours, ne fait que venir parcourir mon corps frele et fragile pour s'en delecter. Il me laisse assez de repos malgre cela pour me retablir.
    Un mois que cela dur et je me sens maintenant bien mal, assez pour saisir que quelque chose cloche, je n'ai plus mes menstruations, je n'ai plus rien, je me sens toujours faible, je mange plus ressentant le besoin de mon corps augmenter, j'ai peur d'etre enceinte de ce monstre. De peur, je me frappe le ventre jour et nuit quand il n'est pas la comme avec cet espoir de perdre cette chose, cet evenement que je ne desire pas. Malheureusement hier il m'a surprise, j'ai peur qu'il comprenne, je pense qu'il a comprit, son regard le signifie: il a m'a fixe un moment, la porte ouverte, avant de la refermer en partant, sans meme prendre le soin de tourner la clef, sans meme venir me detruire un peu plus.

  • 2ans et 1mois de captivite.

    Les choses sont claires desormais dans cette chambre. Il a comprit et moi aussi, mon ventre s'arrondit clairement et je crains le pire: se debarassera-t-il de moi? Que fera-t-il donc? Je me sens si mal et si craintive mais heureusement il ne me touche plus, il y a du bon a chaque malheur. Il continue a venir mais reste pres de moi sans dire un mot, je comprends le russe et le parle desormais et il le sait, mais il ne dit rien et je ne me rassure jamais de tout cela, jamais. Je me tourne, ferme les yeux avec cette furieuse envie de perdre cette chose qui commence a vivre en moi et retiens mes larmes pour ne pas qu'il en tire partit en ma defaveur, cet homme me hante et me detruit.
    Il y a une semaine ce fut la nuit la plus horrible qui soit, j'ai saisis un couteau quand il n'etait pas la et j'ai commence a ouvrir mon ventre pour extirper cette chose, j'ignore si j'ai reussi, les mains en sang je me suis evanouie, la douleur restant trop intense avant de me reveiller quelques jours plus tard dans mon lit, la cicatrice certainement refermee par un des medecins de ce patron immonde, certainement puisque ceux auxquels nous avons droit nous tuent plus souvent qu'ils ne nous soignent. Je sens ce regard furieux qu'il pose sur moi et je ne fais qu'esperer etre parvenu a mes fins. Apres tout il ne me regarderait pas comme ca si je n'avais pas perdu cette chose qu'il semble vouloir?
    Et pourquoi en vouloir dites moi? Le besoin d'etre pere qu'eprouve tout homme? Je suis trop fatiguee pour continuer a ecrire, trop fragile peut etre.

  • 3ans apres l'enlevement:

    Je n'ai plus souvenir de rien, je ne sais plus ce qui a put se passer ces derniers temps, surement une routine horrible que j'ai prefere oublier. Je ne sais plus rien de tout, ma memoire a flanche et cela semble completement ravir ce cher patron qui m'a laisse cette chambre ou les hommes se succedent sans que je ne puisse rien dire. Je ne sais plus et je n'en peux plus, j'ai l'impression que ma boite a bonheur se vide et son sourire narquois quotidien me brise un peu plus chaque jour. Je veux partir et je partirai.
    J'entends les larmes et les cris chaque jour meles aux soupirs d'aise de certains hommes, je ne vois plus que son regard autour de moi et je finis par etre terrorisee par cet homme, dormant difficilement de peur qu'il fasse irruption durant mon sommeil, je ne vivais deja pas auparavant mais maintenant tout cela empire, je suis au plus mal et je risque de devenir folle. Plus de contacts reels avec les filles si ce n'est une fois par mois ou par semaine avec de la chance, joue-t-il sur l'isolation pour me faire flancher? Mais flancher pour quoi?

  • 2 jours avant le depart:

    Hier, les filles ont tente de s'echapper avec cet homme que j'avais deja vu, elles en ont ete incapable, quelqu'un a dut prevenir du depart, je ne supporte plus ces conditions, elles ont ete violentees plus que d'habitude, tabassees, la plupart sont couvertes de blessures, je ne le vois que quand je peux descendre de ma chambre. Certaines ont des os cassees mais ne pourront pas voir un medecin, je sais aussi que d'autres vont mourir suite a des blessures qui ne se resorberons comme d'autres finiront avec quelques malformations puisque la cassure ne sera pas soignee. Elles souffrent toutes et je ne peux absolument rien faire.
    Ce soir je lui volerai la clef et je partirai en debut de matinee, comme une lache, mais c'est la la seule solution qui me semble encore possible. Je l'ai bien etudie, je sais quand ils dorment ou ne surveillent pas, je saurai faire avec ces derniers clients. D'ailleurs, cher boss, ce soir, tu seras le dernier, tu pourras au moins te gratifier de cet honneur, et si je m'echappe et que tu me retrouves, je prefere encore mourir que revenir pres de toi.

  • 1semaine apres l'evasion:

    J'y suis! J'ai reussi a fuir, a perdre ma captivite. Il n'y a vu que du feu jusqu'a l'aube, je me suis sentie traquee une heure apres mon depart et n'ai cesse de courir et de me cacher, la nourriture me provenait de quelques personnes charitables, le logis n'a ete que la rue jusqu'a ce qu'un ange vienne a moi.
    Il n'y a eu que lui pour me tendre ainsi la main, m'a-t-il reconnu? C'est a l'instant ou j'ai vu ma vie defiler en entendant la voix de mon pire cauchemar me heller et que ma fuite a commencer que j'ai entendu sa voix, cette voix qui m'a soudainement rechauffer le coeur, donner une autre direction vite suivie jusqu'a ce qu'il vienne me tendre la main. Je n'ai plus grand souvenir du reste, j'etais trop faible, je suis tombee, il m'a porte et j'ai decouvert pour la premiere fois depuis des annees un lit sans l'odeur desagreable de luxure et de crasse, le bonheur de drap propres, la joie d'un bain et d'un vrai repas. Il ne m'a rien demande en contrepartie, rien, c'est le premier homme qui ne voit pas mon corps en monnaie d'echange et je ne comprends pas vraiment pourquoi mon coeur se serre tant quand je le vois, pourquoi pour la premiere fois je finis par rougir. Je crois qu'on appelle cela l'amour.

  • 1 mois apres l'evasion:

    Nous partons pour le Tibet. Un nouveau commencement. Il a tout fait pour moi, j'ai vu ce depart comme une opportunite mais je ne serai jamais partie sans lui. Peut-etre parce qu'il y risquait sa vie, peut-etre aussi par egoisme de ma part, j'ai besoin de sa presence. Elle me rechauffe, son odeur me reconforte, chaque intonation dans sa voix m'appaise et chacun de ses gestes, chaque moment ou il frole ma peau me confere un bonheur sans pareil.
    Je lui ai dis que je le desirai a mes cotes et c'est la la premiere fois ou j'ai embrasse un homme avec tant de sincerite, la douceur de ses levres m'a emue, la delicatesse de ce baiser m'a transporte. Il a de plus ete patient et refuser de me faire l'amour sur l'instant, trop conscient de mes blessures passees. Je le sais, je l'aime, c'est une evidence et il me tarde de partir me reconstruire avec lui. Il m'a parle de ma famille, je n'en veux plus et je le lui ai dit, je suis orpheline et fille unique pour ce grand amour. Je sais qu'il n'est pas bon de partir sur de mauvaises bases mais pourtant je ne pouvais lui raconter que ma famille n'avait rien fait pour me retrouver.
    Il est temps de partir, partir loin.

    Arrivee au Tibet.

    Nous y sommes, a Lhassa, lui et moi, nous avons trouve une petite maison et je commence a tenter de comprendre leurs langues. Je me sens epanouie, je peux sortir, respirer le grand air sans risque et me plonger chaque jour et chaque nuit dans les bras de l'homme que j'aime pour l'entendre me murmurer dans toutes les langues que nous connaissons a quel point il m'aime. Je suis une femme comblee et depuis peu j'ai decouvert que l'amour, la delicatesse et la chaleur de son corps contre le mien, le fait de le sentir ainsi, le voir me faire l'amour et le voir si beau a ces instants procure le plus grand plaisir.
    Je n'ai connu que des hommes terribles qui ne cherchaient qu'a obtenir ce qu'ils desiraient, brutaux, lui me prouve que l'amour est autre: patience, conscience de l'autre, bon sang, ce que j'aime ces instants. Je ne parviens plus a ecrire grand chose tant il hante mes pensees, mon sauveur, l'homme de ma vie, celui qui m'a depuis peu demandee en mariage. Des fiancailles, pour moi ce n'est la qu'une officialisation de ce qui est deja mais tout de meme, il me comble chaque jour.

    Notre petite vie est paisible, je cherche a faire quelques traductions pour les quelques personnes passant de temps a autre, il est archeologue, nous avons quelques amis dont un americain que Mikhail connait plutot bien, une vie comme je le voulais, je suis heureuse et je ne veux plus rien d'autre.

  • 2jours avant le depart de Mikhail:

    Son pere est mort et il rentre en Russie, chose difficile a supporter... Comment vais je tenir sans lui? Il me pense malade mais je n'ose pas lui dire que je me pense enceinte. Certes c'est la un bonheur sans faille que d'attendre un si bel evenement mais il me rappelle la cicatrice qui orne mon ventre et mes craintes les plus anciennes.
    Le comprend-il? Je le vois parfois lancer quelques regards a mon ventre enfle et me dorloter plus que jamais. Je l'aime tant et le savoir en Russie ne me rassure pas un instant, et si il lui arrivait quoique ce soit? Nous n'etions pas a l'abri ici, je veux juste qu'il revienne vite, tres vite!
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